Tout commence par un avis anodin que vous recevez sur votre messagerie
électronique. Il vous conseille d’aller consulter le site de votre
banque pour mettre à jour le programme d’accès à vos comptes ou pour
vous demander de changer votre mot de passe comme on devrait le faire
régulièrement, avant que quelqu’un de mal intentionné réussisse à le
reconstituer. Nombre de clients des banques se sont déjà fait prendre
car la démarche semble relever de bonnes intentions.
En fait, ce message vous est adressé par des petits malins qui sont
parvenus à reconstituer une copie presque parfaite du site de certaines
banques. Il s’agit en réalité de sites factices sur lesquels les
clients risquent d’entrer s’ils cliquent sur les liens que les auteurs
de ces messages pirates ont incorporés à leurs messages.
Tout commence par un message très anodin
Une fois connecté sur le site pirate, vous êtes rapidement dirigé à
l’endroit précis où vous êtes sensé modifier votre mot de passe.
Naturellement, vous êtes invité à entrer votre sésame qui est alors
immédiatement subtilisé par les malfrats. Ils pourront dès lors
s’attaquer au véritable site de la banque afin de dévaliser vos
comptes. La méthode est relativement simple. Il suffisait d’y penser.
Il faut dire que les voleurs en ont marre de devoir transporter leur
matériel d’aigrefin et de se fatiguer à démolir votre porte. Ils font
désormais ça en toute impunité depuis chez eux, bien au chaud.
D’autres messages sont encore plus astucieux: ils vous indiquent que
vous êtes probablement victime de phishing - littéralement «aller à la
pêche» avec une orthographe quelque peu modifiée - et que vous devez
immédiatement changer de mot de passe. On imagine la suite, qui se
déroule exactement selon le scénario indiqué précédemment.
Nul n’est à l’abri
Le phénomène du phisching est en train de s’étendre comme une traînée
de poudre. La majorité des grandes banques sont visées. Cela va de la
City Bank à l’UBS, en passant par toutes celles dans lesquelles les
escrocs sont certains de trouver des comptes bien approvisionnés.
Ainsi, plus elles sont d’importance, plus elles sont exposées.
Pour les cambrioleurs, s’il est relativement peu risqué de s’attaquer à
la caisse de l’épicerie du coin, il s’avère bien plus rentable de voler
un super-marché. Dès lors, pourquoi ne pas s’attaquer depuis son
fauteuil à des coffres-forts bien garnis avec, en plus, bien peu de
chance de se faire prendre. D’autant moins, quand il s’agit de comptes
en Suisse ou dans un paradis fiscal: un client lésé n’ira sûrement pas
se plaindre à la police qu’on lui a volé son argent blanchi!
En Allemagne, une étude de l’Institut de recherche Fraunhofer a mis
ainsi en évidence la vulnérabilité des banques germaniques face aux
arnaques des escrocs utilisant la méthode du phishing: sur douze
banques permettant d’effectuer des transactions en ligne, onze
présentaient de sérieuses lacunes en matière de sécurité. Seule la
Deutsche Bank ne laisse aucune chance aux pirates de pouvoir puiser
dans les comptes de ses clients.
Comment s’en protéger?
Certains signes sont pourtant révélateurs. Ainsi, lorsque le message
est rédigé en anglais alors que vous ne conversez jamais dans cette
langue avec votre banque, vous devez soupçonner une arnaque. Si vous ne
possédez pas de compte dans la banque en question, aucun doute n’est
permis: il s’agit bien d’une tentative de phishing. Mais, dans ce cas,
vous n’aurez aucun risque d’être détroussé!
La première réaction à avoir face à un tel message consiste à s’assurer
en premier lieu de sa véracité. La manière la plus simple d’opérer est
de téléphoner à votre banque pour savoir si le message provient
réellement d’elle. La deuxième, pour être prudent, veut que l’on
modifie son mot de passe, mais en se connectant soi-même sur le site de
sa banque, sans passer par le lien qu’il vous est conseillé d’utiliser
dans le message incriminé. Il s’agit en fait d’une précaution que l’on
devrait renouveler régulièrement, mais en évitant de tomber dans le
panneau des messages de phishing. La règle d’or consiste donc à garder
la maîtrise de l’action. C’est-à-dire d’entrer soi-même sur le site de
sa banque.
Des escrocs toujours plus malins
Les techniques des auteurs de phishing se raffinent chaque jour
davantage. Les plus rusés entrent même sur votre ordinateur pour aller
modifier les favoris de votre navigateur afin que vous accédiez
automatiquement sur leurs sites pirates qui ne sont que des leurres.
On ne peut donc que vous conseiller de rester extrêmement vigilant et
méfiant. Dès que l’on vous suggère de procéder à une opération qui vous
semble inhabituelle, ne vous y conformez pas sans avoir au préalable
demandé conseil à quelqu’un d’avisé. L’on n’est jamais trop méfiant.
A l’UBS, Florent Michel, porte-parole de la banque, déclare qu’il n’a
pas connaissance de cas de fraude dus au phishing. Il faut dire que
même si un escroc parvenait à subtiliser le numéro de code personnel du
client de cette manière, cela ne suffirait pas à accéder à ses comptes.
La petite calculette fournie à chaque client génère en effet un code
aléatoire supplémentaire à introduire sur la page Web de la grande
banque indispensable pour obtenir l’autorisation d’effectuer des
transactions. Cette calculette, nécessite d’y introduire sa carte
client dotée d’une puce électronique dans laquelle sont stockées ses
données personnelles. Le code est généré de manière dynamique et n’est
valable que pour un laps de temps restreint. Sans compter qu’il faut
encore introduire en plus le numéro du contrat comme troisième code
avant d’accéder enfin à la page d’où l’on peut effectuer les
transactions.
Le système est-il sûr à 100%?
L’imagination des escrocs est débordante quand il s’agit de trouver
de nouvelles astuces pour dévaliser les clients des banques. Cette
méthode semble pourtant efficace puisque la sécurité est triple et
qu’elle nécessite trois éléments totalement séparés : la carte, la
calculatrice et le document papier sur lequel est indiqué le numéro de
contrat. Il faut pourtant veiller de conserver ces trois supports à
l’abri des voleurs et à les ranger dans des endroits distincts.
Le même système est utilisé au Crédit Suisse où la petite calculette
fournie par la banque génère également un code aléatoire renouvelé
toutes les 60 secondes. A moins de trouver l’algorithme qui génère le
code de six chiffres, il est donc impossible de pirater. Porte-parole
du Crédit Suisse, Jean-Claude Darbelley précise encore que la banque
n’a pas connaissance jusqu’ici de cas de phishing mais, par contre, que
certaines personnes ont effectivement reçu des messages les enjoignant
de postuler pour des emplois libres au sein du Crédit Suisse tout en
les incitant à donner des informations confidentielles.l
Le phishing
Le phishing consiste à subtiliser le code d’accès des clients des
banques en envoyant un e-mail au maximum de personnes possible (même à
celles qui ne sont pas clientes des banques en question) les incitant à
consulter un site Internet factice (leurre) dans lequel ils doivent
entrer leur code. Les pirates les utilisent alors pour accéder au
compte réel du client. Le fonctionnement effectif de ce nouveau type
d’arnaque est expliqué dans l’article principal ci-contre.
Le phénomène du phishing est en énorme progression. De juillet à
octobre 2004, le nombre de cas recensés a augmenté de 25%. Les sites de
phishing sont hébergés en majorité aux Etats-Unis où ils ont tendance à
régresser à cause des mesures de protection prises par les banques et
la police, ainsi que par la plus grande suspicion des clients. Des
sites de ce type apparaissent par contre dans d’autres pays tels que la
Chine (16%), la Corée (9%) et la Russie (8%).






