Une enquête le prouve: les meilleurs logiciels de gestion intégrée pour les entreprises ne sont pas ceux élaborés par les grands éditeurs. Dans ce domaine, les petits Suisses sont en tête sur le marché intérieur.
L’enquête réalisée par la société zurichoise i2s auprès de 419 entreprises suisses contredit les a priori: les grands éditeurs américains de solutions de gestion intégrée, ou ERP, abréviation de Enterprise Resource Planning, ne connaissent pas le succès que l’on croyait auprès des utilisateurs helvétiques. C’est étonnamment les petites équipes de développeurs et programmeurs suisses qui font un tabac, surtout en ce qui concerne la convivialité et la facilité d’utilisation.
En tête de liste du palmarès de cette étude, on trouve des logiciels tels que Tosca de Dynasoft, Steps Business Solution et Blue Office. Et cela, malgré le fait qu’ils soient quasiment méconnus sur le marché. Selon l’auteur de cette analyse, pas moins de 1030 licences sont en service en Suisse. Quant aux deux logiciels les plus appréciés dans notre pays, en l’occurrence Tosca et Steps 25, ils n’inscrivent malheureusement que respectivement 25 et 61 implémentations en Suisse. Cette méconnaissance s’avère extrêmement regrettable car, selon leurs utilisateurs, ils ont une importante avance en terme de fonctionnalité et d’ergonomie par rapport à leurs concurrents.
Les raisons d’un pareil engouement
Deux critères ont été mis en avant en ce qui concerne le classement des progiciels de gestion intégrée: le premier concerne la satisfaction générale pour ce qui est du système utilisé, et le second a trait aux services assurés par le partenaire en charge de l’implémentation de la solution. Les résultats sont déconcertants, mais en les analysant de plus près, ils semblent pourtant plausibles.
Les progiciels développés par de petits éditeurs se caractérisent par leur complexité réduite et répondent généralement bien aux exigences de leurs utilisateurs. Mais cet argument n’est de loin pas le seul à expliquer ce franc succès. On constate en effet que, sur le plan technique, ils se situent à un niveau élevé. De plus, leurs interfaces présentent une excellente ergonomie ainsi qu’une aide très bien élaborée. A tel point qu’elles font pâlir d’envie les utilisateurs de systèmes plus complexes. Par ailleurs, les concepteurs de ces petits progiciels de gestion intégrée apportent un appui nettement plus personnalisé à leurs clients. Le logiciel Tosca de Dynasoft, surtout utilisé dans des entreprises commerciales, dispose par exemple d’un ingénieux catalogue d’articles. Il en va de même de la solution Blue Office qui, tout en étant extrêmement spécialisée, contient des fonctions très utiles pour les clients, telles que la gestion des charges et de numéros de série et la saisie des rapports pour les services. En matière de support, cette dernière se caractérise par sa conformité aux exigences mondiales en la matière. Toutes les nouvelles versions peuvent être téléchargées par Internet.
Un défi qu’il vaut la peine de relever
Le débat ne date pas d’hier: on est malgré tout en droit de se demander si les éditeurs suisses de logiciel de gestion peuvent survivre face à leurs concurrents qui sont des multinationales telles que SAP ou Microsoft. Si l’on pose cette question en la mettant en relation avec le degré de satisfaction des utilisateurs, on ne peut qu’en tirer la conclusion qu’il est réellement possible de relever un tel défi. Selon cette étude, on constate en effet que plus d’une demi-douzaine d’éditeurs helvétiques se hissent aux plus hauts rangs du taux de satisfaction de leurs clients. Si l’on se concentre sur les systèmes qui couvrent les besoins de l’ensemble des PME, on est frappé par les excellentes positions détenues pas des produits tels que proAlpha, OpaccOne et MBS Navision Attain (ex Financials).
Pour ce qui est des solutions proposées par des éditeurs étrangers, on doit reconnaître que SAP (R/3 et mySAP.com) ressort du lot. A l’exception de Movex, les anciens concurrents de l’éditeur allemand tels que J.D. Edwards (racheté par Peoplesoft), Baan, Axapta, Oracle et Peoplesoft (racheté depuis par Oracle) sont nettement battus ou totalement absents car ils ne disposent pas d’une base suffisante d’installations pour apparaître dans cette étude.
Le niveau de satisfaction atteint par SAP démontre que l’éditeur allemand a beaucoup appris dans ce domaine au cours de ces dernières années et qu’il a pris les mesures qui s’imposaient pour améliorer le fonctionnement de son système. Sur le créneau des moyennes et grosses installations, il n’est pas seulement le leader en terme de nombre d’installations, mais aussi en ce qui concerne la satisfaction de ses clients.
©Pierre-Henri Badel. www.adi-presse






