La principale menace pesant sur les équipements reliés au secteur réside dans le fait qu'ils sont soumis à des fluctuations de courant ou de tension.
Pierre-Henri Badel, adi-presse
Les variations de tension et de courant sont particulièrement critiques pour tous les équipements électriques ou informatiques. Surtout quand il s'agit de systèmes qui remplissent une fonction vitale dans une entreprise. Cela concerne les ordinateurs qui commandent des réseaux, mais aussi des systèmes de pilotage des chaînes de traitement dans les stations d'épuration et de filtration, les piscines, des laboratoires de test pour la qualité de l'air et de l'eau, ainsi que diverses sortes de machines.
Pour tous ces systèmes, une légère variation de tension peut engendrer des dégâts considérables. Imaginez les conséquences que pourraient avoir la panne d'un système informatisé chargé de contrôler et doser automatiquement la concentration de chlore dans une piscine s'il réagit en ouvrant les vannes toutes grandes au cas où l'ordinateur pilotant l'installation de contrôle tombe en panne.
Le danger est aussi imminent si le four d'une usine d'incinération commence à s'emballer parce que l'installation d'alimentation continue à y déverser des matières hautement inflammables sans se préoccuper de la dangereuse augmentation de la température à l'intérieur du foyer.
Des pannes aux conséquences désastreuses
Aujourd'hui, nombreux sont les grands consommateurs à chercher d'autres sources d'approvisionnement. Plus fortement sollicités, les réseaux s'en trouvent fragilisés, d'autant plus lorsque, suite à des étés caniculaires, les installations de climatisation se multiplient. Comme on le voit, tout dépend aujourd'hui du bon fonctionnement et de la fiabilité du réseau électrique alors que l'on n'est jamais à l'abri d'aléas liés à cette source d'alimentation.
Dans un pays bénéficiant d'importantes sources naturelles d'électricité, ce danger est réel. Les tentatives de certains milieux politiques et économiques de promouvoir l'ouverture du marché rend les réseaux plus fragiles. En effet, une multitude d'acteurs pas forcément tous très fiables risquent de se lancer sur ce marché au cours de ces prochaines années.
On l'a déjà constaté lors de l'incident qui s'est produit en Suisse et qui a plongé tout le Nord de l'Italie dans le noir le plus profond durant toute une nuit. L'augmentation du prix du pétrole accentue encore les risques. Malgré une structure encore assez protectionniste, les dangers nous menacent. Qu'adviendra-t-il si les réseaux se privatisent à tout vent. Quelles seront les conséquences de la multiplication des fournisseurs régionaux injectant de manière aléatoire du courant produit localement au moyen de petites centrales hydrauliques, de parcs d'éoliennes ou de champs de collecteurs solaires? Assistera-t-on aux mêmes incidents que ceux que l'on a constatés sur le réseau ferré des chemins de fer britanniques?
Protéger les appareils des dérives du secteur
Sans entrer dans un débat qui attend surtout des réponses politiques, on peut déjà prendre en attendant quelques mesures assez simple pour éviter les mauvaises surprises. La première est de protéger les appareils localement pour éviter les pannes brusques. On utilisera pour cela des alimentations sans coupure. Leur est relativement simple.
Le courant qui arrive est redressé pour être transformé en courant continu, puis il est acheminé sur un groupe d'accumulateurs où il est stocké provisoirement. De là, il est à nouveau modulé pour retrouver son aspect original. A la sortie de cette alimentation, précaution est prise pour éviter que les signaux électriques présentent la moindre variation dangereuse.
L'équipement comprend des dispositifs de stabilisation et de filtrage empêchant tout écart du signal par rapport à des tolérances bien définies. La qualité du courant et de la tension obtenue à la sortie de l'alimentation sans coupure garantit donc à l'appareil ainsi alimenté qu'il ne connaîtra aucune défaillance dans son fonctionnement.
Un double rôle
La seconde fonction d'une alimentation sans coupure consiste à éviter que le flux d'électricité ne s'interrompe brusquement. En cas de coupure de courant au niveau du secteur public, un ensemble de batteries prendra le relais. Ces dernières ne peuvent naturellement pas le faire indéfiniment car, pour cela, elles devraient offrir une capacité illimitée. Elles sont pourtant dimensionnées de manière à laisser le temps au système de lancer une procédure d'arrêt contrôlé.
Pour un ordinateur par exemple, cela signifie que l'on aura le temps d'enregistrer le travail en cours et d'achever la séquence d'arrêt "à froid" du système. Il en va de même des installations de traitement de toutes sortes.
Mise hors service automatique et maîtrisée
C'est en fait le logiciel de l'alimentation sans coupure qui commandera toute l'opération de mise à l'abri des organes vitaux de la machine. Tant que les fluctuations de courant ou de tension restent dans des limites pouvant être facilement compensées par les batteries de l'alimentation, le logiciel ne réagit pas et laisse le soin à celles-ci de jouer leur rôle d'accumulateur tampon.
Par contre, dès que les capteurs de l'alimentation détectent une baisse progressive et conséquente au niveau de l'entrée de courant, elle déclenche la procédure de mise en veilleuse de l'installation.
Dans le cas d'une installation de traitement, ce sont les dispositifs se trouvant en bout de chaîne qui devront être les mieux protégés. Raison pour laquelle ils doivent bénéficier de la plus grande autonomie. Il faut en effet qu'ils puissent fonctionner le plus longtemps possible, jusqu'à ce que les installations situées en amont aient achevé leur procédure d'arrêt contrôlé.
Des alimentations de toutes tailles et de toutes puissances
Le dimensionnement de l'alimentation sans coupure dépend directement de la puissance consommée par une commande ou un ordinateur, de même que du temps que mettront ceux-ci à achever leur procédure de mise hors service. Les différents fabricants d'alimentation sans coupure tels qu'APC, PowerWave ou Tripp Lite proposent des tables de calcul permettant de déterminer avec précision le modèle le mieux adapté à chaque besoin.
Il faut pourtant relever que toutes les installations ne nécessitent pas d'alimentation sans coupure. La commande d'un four en aura incontestablement besoin pour éviter toute surchauffe. Un réseau informatique également, afin que la procédure d'échange de données s'achève correctement avant que l'ordinateur ne s'éteigne.
Une installation de collecte automatique des valeurs des compteurs d'eau tout autant, faute de quoi elle risque de relancer sa procédure de décompte des appareils alors qu'elle en avait déjà saisi la moitié. Avec comme conséquence que certains consommateurs pourraient recevoir une facture à double.
Sur les installations informatiques, il faut bien entendu protéger prioritairement l'ordinateur central et les postes de travail, éventuellement les écrans, mais en aucun cas les imprimantes laser car elles consomment beaucoup de courant et sollicitent donc énormément l'alimentation sans coupure. Bref, il faut analyser chaque cas en particulier avant de mettre en place des procédures de sécurisation des installations.
Partager les risques
Les alimentations sans coupure peuvent naturellement être installées de manière centralisée ou non. On peut même combiner ces deux modes de protection, les grosses installations centralisées se chargeant de protéger les serveurs, alors que les stations personnelles seront sécurisées au moyen de petites alimentations individuelles. Celles-ci sont en effet nettement moins bruyantes que les grosses qui doivent être placées dans des locaux insonorisés. On peut donc facilement placer ces premières dans un environnement de bureau sans que cela provoque des désagréments sonores conséquents.
En répartissant les rôles de cette manière, on réduit aussi les risques. Une alimentation sans coupure peut en effet aussi connaître une défaillance quand elle est trop sollicitée, même si un dispositif de surveillance s'assure en permanence de son bon fonctionnement.






