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Les imprimantes laser rendent-elles malade?

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Une émission de la télévision suisse alémanique et le magazine K-Tip ont dévoilé le caractère nocif pour la santé des imprimantes laser. L’enquête précisait que le toner présente un risque sous-estimé. Mais les résultats obtenus lors de tests effectués dans des bureaux contredisent ces affirmations.

Le problème est connu depuis des années, mais ce n’est que maintenant qu’il commence à être pris au sérieux. Les journalistes de la télévision suisse alémanique ont relevé que la poudre de toner contenait des produits chimiques souvent toxiques dans des concentrations élevées et que, selon des expériences effectuées sur des rats, les particules de toner pouvaient être à l’origine d’un cancer. On est pourtant en droit de se demander si ces assertions correspondent vraiment à une réalité.

Les journalistes de l’émission Kassensturz ont surtout mis en accusation les effets néfastes des fines particules de poussière, en particulier celles de nickel, ainsi que les produits chimiques, principalement le benzène et le styrène. Les fines particules de nickel peuvent effectivement provoquer le cancer des poumons et des cavités nasales. De son côté, le benzène, solvant connu pour son effet cancérigène, peut être responsable de l’apparition d’une leucémie. Aussi un solvant, le styrène enfin est surtout critiqué pour son effet innervant, tout en étant également soupçonné de provoquer le cancer.

Le toner contient des particules cancérigènes
Les mesures retenues pour servir de base aux conclusions de l’émission Kassensturz et de l’article publié dans le magazine K-Tipp ont été effectuées sur de la poudre de toner. Les conditions dans lesquelles a été effectué le test ne correspondent donc pas véritablement à celles que l’on retrouve réellement dans les bureaux, même dans ceux où l’on entreprend d’importants travaux d’impression, explique en l’occurrence le docteur Dieter Kissling, directeur de l’institut pour la médecine du travail (IfA) de Baden.
Les solvants se décomposent en fait à l’intérieur de l’imprimante lorsque celle-ci s’échauffe, puis ils s’échappent sous forme de substances organiques volatiles dans l’atmosphère des bureaux. La poussière de nickel contenue dans le toner se carbonise en réalité sur le papier.
Il est surtout important que les employés ne pas soient pas exposés aux matières toxiques contenues dans le toner. Pour que ces dernières ne puissent nuire à la santé des êtres humains, elles ne doivent donc pas se disperser dans l’atmosphère.

Mesure de l’atmosphère dans les bureaux
Une grande entreprise suisse a profité de ce compte-rendu alarmant pour procéder à des mesures des particules que l’on retrouve dans l’atmosphère de ses bureaux. Elle a mesuré la teneur en nickel, benzène et styrène dans les composés organiques volatils, c’est-à-dire en prenant en compte les substances provenant de leur décomposition. Des mesures de la teneur en ozone ont également été effectuées en parallèle. L’ozone se dégage effectivement des copieurs et imprimantes laser après décomposition de l’oxygène. C’est lui qui dégage cette odeur métallique que l’on constate lorsque les volumes d’impression sont importants.
Les mesures ont été réalisées dans un petit local d’impression ne comportant pas de postes de travail fixes, dans un bureau paysagé et, à des fins comparatives, dans un local d’archives sans imprimante ni copieur. Les mesures ont porté sur une journée entière au cours de laquelle le volume imprimé a été supérieur aux jours habituels (impressions des feuilles de salaire). Les fenêtres sont restées intentionnellement fermées et l’aération stabilisée au niveau tel qu’il est généralement maintenu dans les bâtiments administratifs.
La mesure des poussières de cobalt et de nickel a donné des chiffres 100 fois plus faibles que la valeur limite autorisée.

Des valeurs inférieures aux seuils critiques
Le taux des matières organiques volatiles fut au moins cinq fois inférieur à la valeur autorisée. Le benzène était au moins 60 fois au-dessous de celle-ci et la valeur de styrène au moins 80 000 fois plus faible. La teneur en ozone quant à elle s’est même avérée inférieure au seuil de détection.
On peut donc considérer que les émissions de produits issus des imprimantes et des copieurs se trouvent largement en dessous des valeurs présentant un danger potentiel pour la santé et que de ces appareils ne sont donc la source d’aucun risque de nature chimique pour les personnes travaillant dans des bureaux où sont installés de tels appareils.
On ne peut néanmoins pas exclure que certains individus extrêmement sensibles souffrent d’une nuisance olfactive quand les volumes de documents imprimés sont très élevés. Il ne faut cependant pas s’attendre à ce qu’ils provoquent des dommages à long terme. La conclusion de l’émission Kassensturz, à savoir que le risque pour la santé est largement sous-estimé, n’est donc pas correctement formulée, déplore encore le docteur Dieter Kissling.

 

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