L’accès à Internet constitue le moteur de développement du commerce électronique. Au début des années 2000, les pays industrialisés avaient déjà une notable avance dans le domaine de l’infrastructure des réseaux informatiques. Celle-ci s’avère déterminante car le fait d’atteindre une masse critique agit comme catalyseur en vue d’améliorations futures liées à l’économie numérique.
Actuellement, c’est incontestablement l’essor de la transmission à large bande qui dope le commerce électronique. Et des progrès significatifs ont été réalisés depuis 2004, également en Suisse. Notre pays se retrouve ainsi dans le peloton de tête des pays les mieux placés pour relever les défis actuels dans ce domaine.
Les ventes décollent
Concrètement, on doit bien constater que les mentalités évoluent également du côté des consommateurs. Créé en octobre 1997, le magasin en ligne Le Shop, dont une majorité d’actions a été rachetée par la Migros en septembre 2003, compte aujourd’hui 30 000 clients réguliers, en progression de 8% sur une année. Il a réalisé pour la première fois un trimestre bénéficiaire en 2005 avec des ventes atteignant 47,1 millions de francs. La Suisse serait ainsi le deuxième pays d’Europe à disposer d’un supermarché en ligne profitable, après Tesco (Grande-Bretagne).Les autres grandes chaînes de distribution se sont aussi lancées dans la vente de leurs produits en ligne. C’est le cas de la Coop, mais aussi d’une multitude d’autres boutiques spécialisées dans des domaines tels que la vente de matériel et consommables informatiques, de musique, de films, de voyages, de programmes informatiques, de montres, etc.Aux Etats-Unis, les ventes en ligne ont progressé de 28% au cours des neuf premiers mois de l’année 2005 alors qu’en France, selon les études de marché sur cette même période, la progression est estimée entre 40 et 50%.
Des économies substantielles
Pour les commerçants, l’utilisation d’une boutique en ligne permet de réaliser des économies substantielles. A lui seul, le coût d’une transaction bancaire par Internet est plus de 100 fois meilleur marché que lorsqu’elle est effectuée au sein d’un commerce traditionnel. Quant au consommateur, il peut procéder à ses achats sur la Toile mondiale 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 sans avoir à se déplacer. Le nœud du problème se situe cependant au niveau de la distribution. Son coût s’avère le principal écueil au développement des épiceries en ligne, car le facteur temps est primordial en ce qui concerne les denrées périssables, et les livraisons jusqu’au fin fond des régions reculées sont particulièrement onéreuses. Il n’empêche que pour des personnes sans moyen de locomotion, celles qui ne se déplacent que difficilement, ou encore les mères au foyer qui ne peuvent laisser seuls des enfants en bas âge, Internet peut se révéler une aubaine.Pour ce qui est de l’achat de marchandises à l’étranger, les autorités sont confrontées à la question de l’imposition des échanges. Tant que la valeur des produits expédiés n’est pas indiquée et que ceux-ci passent entre les mailles des services douaniers, les consommateurs sont exemptés de la TVA. Or, dans les aéroports, les effectifs de gabelous sont insuffisants pour contrôler tous les envois. De nombreux petits colis sautent ainsi les frontières sans être vérifiés.
Manque de compatibilité européenne
Pour les consommateurs, l’achat de marchandises par Internet représente cependant un risque non négligeable. Souvent, les sites sur lesquels on effectue des achats se trouvent à l’étranger. En cas de contestation, il est donc très difficile de fait valoir ses droits ou d’être remboursé si la marchandises ne correspond pas à ce qui était désiré ou même présenté sur le site marchand. Le Conseil fédéral, conscient des dérives générées par ce nouveau mode de négoce, avait lancé une procédure de consultation sur un projet de loi assimilant la vente par Internet à celle du démarchage à domicile. Le 10 novembre dernier, contrairement à ce qui a été adopté au sein de l’Union européenne en juin 2000, Berne renonçait finalement à édicter une loi spécifique sur le commerce électronique.
La Fédération romande des consommateurs a regretté amèrement une telle décision qui peut freiner l’essor du commerce électronique. A son avis, les consommateurs risquent ainsi de renoncer à commander des produits sur la Toile mondiale à cause du manque de sécurité. Les milieux patronaux saluent en revanche ce refus de légiférer dans ce domaine, arguant que les mesures spécifiques prises en matière de commerce électronique vont à l’encontre du principe de la liberté de contracter garantie par le droit suisse. Selon les représentants des patrons, il aurait été trop facile [pour le consommateur…] d’invoquer un clic de souris malencontreux pour révoquer un contrat […].





