Accroître la capacité de transmission des données ne résout pas forcément les temps d'accès au site Web d'une entreprise. Pour les optimiser, il faut prendre des mesures en toute connaissance de cause.
Aujourd'hui, 35% des utilisateurs professionnels d'Internet interrompent la consultation d'un site s'ils doivent attendre plus de huit secondes avant que la page ne s'affiche sur leur écran. Ils sont même 80% à perdre patience après 12 secondes. Ces résultats ressortent d'une enquête réalisée par le cabinet d'étude de marchés Zona Research.
Cette enquête révèle également que pas moins de 25 milliards de dollars de revenus seraient perdus chaque année en raison de la lenteur des téléchargements ou de la disparition des paquets de données en cours de transmission. Pour pallier ce défaut, beaucoup d'entreprises pensent qu'augmenter la bande passante (comme on le ferait en élargissant une route) va résoudre ce problème. Il n'en est rien. Récemment, une grande banque l'a encore constaté à ses dépends. Elle a doublé la bande passante de son système de communication, et les temps de réponse sont restés quasiment inchangés.
Les différentes solutions pour booster son site
Plusieurs solutions sont proposées pour apporter de sérieuses améliorations dans ce domaine. L'une consiste à faire appel à la technique du «caching». Le contenu déjà consulté par n'importe quel utilisateur du réseau est stocké provisoirement sur le serveur interne de l'entreprise. Dès que quelqu'un s'y intéresse, l'information est aussitôt mise à sa disposition depuis le serveur de l'entreprise sans qu'il ait à se connecter au serveur hôte par le biais du Web.
On a ainsi l'impression d'accéder très rapidement aux données, mais celles-ci ne sont pas les plus récentes à avoir été introduites sur la toile. C'est après coup que le contenu est actualisé sur l'écran de l'utilisateur et téléchargé à nouveau dans l'antémémoire du serveur interne. Cette technique ne s'avère pas toujours efficace et a déçu certains de ses utilisateurs. Elle a cependant l'intérêt de supporter la vidéo.
L'autre consiste à comprimer les données. Il s'agit d'une très bonne solution, d'autant plus qu'elle intègre également un mécanisme d'équilibrage de la charge («load balancing»). Elle est facile à installer et utiliser, et fonctionne de manière entièrement automatique et transparente. Avec un site Web classique, cela permet de comprimer les données à 60%. Les résultats sont donc quasiment équivalents à un doublement de la bande passante; les coûts sont nettement plus faibles et la mise en place d'une telle solution est très rapide. Son inconvénient est de n'être possible qu'avec des sites HTTP (Internet). Par contre, cette solution présente l'avantage de décharger les serveurs dans une égale proportion.
Une solution universelle
La méthode de la gestion de la bande passante fonctionne avec tous les protocoles et types de serveurs. Elle consiste à réserver une certaine partie de la capacité du réseau aux applications critiques en terme de temps de réponse. Ceux-ci sont ainsi toujours les mêmes, quel que soit l'engorgement du site Web. Les applicatifs qui n'ont pas d'impératif d'urgence se débrouillent alors en se contentant de la capacité de transmission restante et opèrent en différant certains transferts de données.
Il faut par contre installer des appareils idoines à chaque interface entre le réseau local (LAN) et le réseau étendu (WAN). «Ces deux méthodes sont complémentaires» relève Jacques Macherel, directeur et fondateur de la société EB-Qual de Villars-sur-Glâne.
Toutes ces méthodes n'ont cependant leur raison d'être que dans la mesure où les performances des sites et leurs temps d'accès exacts peuvent être évalués avec précision. En fait, c'est par une telle démarche rigoureuse que devrait commencer toute analyse de performances d'un site. Les instruments de mesure dont on dispose actuellement permettent aussi - ce qui est extrêmement utile - de déterminer quels sont les éléments qui freinent le trafic.
«On peut ainsi les configurer de manière à ce que cela déclenche une alarme quand, par exemple, un serveur n'est plus disponible. Ces équipements établissent en outre des rapports mensuels, ce qui permet de suivre l'évolution des temps de réponse et du volume de données qui transitent par Internet. Le site de la Migros a par exemple des temps de réponse de l'ordre de 14 secondes. En installant un de nos appareils, ils pourraient être ramenés à 2 secondes» commente encore Jacques Macherel.
© Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch





