Jusqu'à présent, les terminaisons d'adresses sur Internet, ou "Top Level Domains", étaient limitées à des noms de pays comme .ch ou à des notions telles que .com, .org ou .info. L'Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) est responsable de la coordination internationale du système d'adressage Internet. Dès 2012, elle autorisera pour cela des terminaisons quelconques. Les nouveaux Top Level Domains génériques (newgTLD) pourront dès le 12 janvier faire l'objet d'une demande à ICANN. Aux deux douzaines environ de terminaisons actuelles pourraient bientôt se joindre des terminaisons d'entreprises, de branches ou de gouvernements comme .hotel, .nestle, .geneve ou .cff.
Une ouverture rigoureusement contrôlée
Toute organisation souhaitant entretenir un nouveau nom de domaine doit soumettre elle-même sa demande à ICANN. La demande et son évaluation sont complexes et coûteuses. L'évaluation durera de neuf à vingt mois et le prix est estimé à 185'000 dollar US. Ce processus compliqué est destiné à garantir que les nouveaux domaines soient attribués de manière rigoureusement contrôlée et limitée. Les marques déposées comme .nestle et noms géographiques importants comme .berlin sont protégés de telle sorte que seuls les propriétaires légaux puissent les enregistrer. Pour les noms génériques comme .bank ou .assurance, il n'y a pas de dispositions limitatrices mais des procédures d'opposition publiques font partie du processus d'évaluation.
De fortes attentes, mais aussi des réactions critiques
L'ICANN envisage dans les newgTLD un nouveau développement du marché des noms de domaine rendant plus visibles sur Internet les contenus et les marques. Les terminaisons génériques ne modifient pas fondamentalement Internet mais peuvent influencer la recherche d'informations et permettent de nouvelles structures dans la présence en ligne des entreprises, associations et gouvernements.
On assiste pourtant à une certaine résistance aux nouveaux newgTLD: la Coalition for Responsible Internet Domain Oversight (CRIDO), comprenant 87 organisations et associations en majorité aux USA, s'oppose à cette nouveauté, craignant des coûts exagérés et un travail énorme pour les entreprises, si toutes doivent éventuellement tenir compte de combinaisons de noms susceptibles de violer des marques.
«Nous ne pourront savoir si cette nouveauté modifie Internet qu'une fois que les premières nouvelles terminaisons seront en usage,» déclare Marco D'Alessandro, porte-parole de Switch. Switch et l'Ofcom considèrent que leur tâche consiste à informer de manière neutre, afin que l'économie suisse et les pouvoirs publics puissent réfléchir si et comment ils désirent faire usage des newgTLD.




